Discours du 14 juillet 2015 par l’Ambassadeur Eric de LA MOUSSAYE

Le 14 juillet 2015, l’Ambassadeur de France et Mme de la Moussaye, le Premier Ministre de Sainte-Lucie, le gouverneur général adjoint, des Ministres, les agents de l’ambassade et de nombreux invités ont célébré la Fête Nationale à la Résidence de France. Environ 200 personnes ont assisté à l’événement. Dans son discours, l’ambassadeur a souligné les grands espoirs placés dans la conférence "COP21" sur les changements climatiques. Il a également souligné l’excellence des relations et de la coopération entre Sainte-Lucie et la France.

DISCOURS DU 14 JUILLET 2015 - CASTRIES

Honorable Premier Ministre,

Monsieur le directeur général de l’OECO,

Honorables Ministres et membres du parlement,

Madame la chef de l’opposition,

Mesdames et Messieurs les « Permanent Secretaries » et fonctionnaires saint luciens

Chers collègues du corps diplomatique,

Chers représentants des régions Guadeloupe, Martinique et Guyane,

Cher Derek Walcott, chers artistes et personnalités des arts et des lettres saint-luciens qui nous font l’amitié d’être des nôtres ce soir

Chers chefs d’entreprises et personnalité du milieu économique

Chers collègues de l’ambassade et de l’alliance française

Chers invités,

Mesdames et Messieurs,

Je tiens tout d’abord à remercier Monsieur le Premier Ministre d’avoir pu dégager une partie de son temps que je sais précieux pour être des nôtres ce soir.

Au-delà de caractère conventionnel qui prévaut en pareilles circonstances, j’aime saisir l’occasion pour mettre en lumière les spécificités du moment, mais aussi dresser un bilan de l’année écoulée.

1/ L’Union européenne

L’an dernier, vous étiez là également, à mes côtés, mais aussi aux côtés de mon collègue Mikael Barford, délégué de l’Union européenne, juste après le baptême du nouvel hôpital de Castries.

Nous avions alors tous deux vanté les mérites de l’Union européenne. Aujourd’hui, l’Union européenne est toujours aux premiers rangs de l’actualité puisqu’elle essaie de préserver son unité monétaire, laquelle, chacun le sait, a des conséquences sur son « unité » politique si précieuse, ne serait-ce que pour préserver la paix et les idéaux humanitaires, de strict respect des droits de l’homme sans aucune concession, et de démocratie qu’elle sous-tend.

En tant que seul représentant d’un Etat membre fondateur de l’Union européenne dans toute la sous-région, je tiens à dire aujourd’hui combien il était important que la France s’implique et mette tout son poids, en liaison avec son partenaire privilégié qu’est l’Allemagne, pour qu’une solution à la crise grecque ait pu enfin être trouvée hier matin.
L’attitude qui inspire la France en toutes circonstances est inspirée en effet des idéaux européens, lesquels, au fond, sont eux-mêmes inspirés de notre devise de liberté, égalité, fraternité qui fut celle des révolutionnaires de 1789 que nous commémorons ce soir.

C’est dans cet esprit que la France est toujours prête à intervenir sous toutes les latitudes et sur tous les fronts, en dépit du prix parfois très lourd à payer pour notre sécurité, comme les horribles attentats du début de l’année à Paris, dès lors que la liberté et les droits de l’homme sont menacés. Nous sommes même prêts à renoncer à des privilèges tels que l’exercice de droit de véto au Conseil de sécurité des Nations Unies, lorsqu’il s’agit, pour la communauté internationale, de prendre des décisions relatives à des crimes contre l’humanité.

2/ Changement climatique

Mais le grand deal de cette année, c’est la Conférence de Paris sur le changement climatique qui, en décembre prochain, devra aboutir à des résultats. Se préoccuper du climat n’est pas nouveau. On ne compte plus nombre de congrès, colloques, conférences qui y ont été consacrés, mais, force est de reconnaitre que, même si des avancées, tenant en particulier à une prise de conscience du problème ont été relevées, rien n’a été fait concrètement pour prendre les mesures qui s’imposent pour la survie de notre planète, parce que c’est bien de cela qu’il s’agit.

Les mesures à prendre sont d’abord gouvernementales : les Etats pollueurs doivent accepter de changer radicalement leurs habitudes en limitant leur consommation d’énergie, et surtout, en intensifiant le recours aux énergies dites « propres ». L’ambition de la Conférence de Paris s’accompagne d’une stratégie nouvelle : chaque pays devra contribuer à la réduction des émissions de gaz polluants, selon ses possibilités. Autrement dit, l’accord recherché à Paris sera universel, mais adapté aux moyens de chaque Etat.

Il n’en demeure pas moins que la lutte contre le dérèglement climatique n’est pas seulement l’affaire des politiciens, mais de nous tous, par notre comportement éco responsable : polluons moins, consommons différemment au plus près de la nature. C’est tout le sens de la tonalité que nous avons voulu donner à la réception de ce soir par le recours à des produits locaux, par l’encouragement d’initiatives éco responsables.

Je vous invite, durant cette soirée, à prendre le temps d’admirer ces beaux posters et leur texte très pédagogique qui explique bien la situation dans laquelle se trouve le monde aujourd’hui et les risques majeurs qu’il prend pour les générations futures si rien n’est fait.

Monsieur le Premier Ministre, je sais tout le prix que votre Gouvernement attache à la réussite de la Conférence de Paris, comme vous l’avez bien exposé lors du Sommet sur le climat auquel vous avez participé le 9 mai dernier, à l’invitation de notre Président François Hollande. Avec le concours de votre Ministre James Fletcher, je sais tout ce que vous préparez pour la Conférence, non seulement pour votre pays, mais pour tous ceux de la Caraïbe, puisque votre Ministre conseille sur ce point l’OECO, comme la CARICOM.

Enfin, je souhaite saluer l’engagement du Dr Didacus Jules, Directeur général de la Commission de l’OECO, qui a accepté de monter un groupe de travail conjoint avec notre ambassade qui rendra ses conclusions demain lors d’un symposium organisé à l’alliance française. Nous espérons que les conclusions de ces travaux pourront être prises en compte par l’équipe de négociation chargée de préparer la conférence, car celles-ci reflèteront la position et les propositions de tous les Etats membres de l’OECO. Les petits Etats insulaires sont en effet les plus sensibles aux conséquences du dérèglement climatique alors qu’ils sont parmi les moins pollueurs : leur avis doit absolument être pris en compte et leurs intérêts défendus. Cette ambassade s’emploie à agir en ce sens.

La détermination du Gouvernement français est très grande : de mémoire de diplomate, je n’ai jamais constaté une aussi importante mobilisation pendant une aussi longue période sur tout autre sujet !

3/ Relations entre la France et Sainte Lucie

Quel bilan dresser maintenant de l’année écoulée pour les relations entre Sainte Lucie et la France ?

- C’est tout d’abord le bénéfice que Sainte Lucie retire déjà de l’adhésion en février dernier de la Martinique à l’OECO en tant que membre associée, dans de nombreux domaines de l’économie, du tourisme, de la formation, du commerce. Nul doute que la proximité de cette île sœur voisine (comme vous le dites volontiers monsieur le Premier Ministre) devrait commencer à porter ses fruits dans un avenir proche.

- Parce que nous avons estimé que les pays de l’OECO -dont Sainte Lucie- non bénéficiaires de la dispense du visa Schengen, remplissaient désormais les conditions pour en être dispensés, que nous avons pris la tête de la négociation avec Bruxelles qui a abouti au dénouement heureux que l’on sait fin mai dernier.

C’est ensuite :

- l’aboutissement de la négociation annoncée ici même l’an dernier en matière judiciaire : 2 textes de grande importance pour le progrès de la sécurité de nos deux pays, et même dans toute la région, sont prêts à être signés ;

- de nombreuses formations de policiers à la lutte contre le trafic de drogue dispensées par notre centre de formation – le CIFAD – basé en Martinique ;

- les échanges de troupes entre soldats français et saint luciens qui donnent à chaque fois un relief particulier à nos cérémonies, lors des fêtes de l’indépendance en février ou à l’occasion du Remembrance Day en novembre, par exemple ;

- la consolidation du dossier d’aménagement du port de Castries sur financement de l’Agence Française de Développement si essentiel pour le tourisme de votre pays : les études destinées à rédiger le projet peuvent commencer avant la fin de l’année ;

- la poursuite de la coopération éducative dans le cadre d’une convention dont le renouvellement a été signé par la Rectrice de l’Académie de Martinique avec le Ministre Lewis ;

- l’achèvement de la négociation des accords en matière de santé en mars dernier. Ces textes tant attendus de part et d’autre en vue d’améliorer la couverture sanitaire des patients saint luciens, doivent être couplés avec un appui à l’ouverture que nous espérons tous proche du nouvel hôpital baptisé l’an dernier ;

- enfin, au-delà de l’inauguration, en avril dernier, de la statue de l’Amiral français qui porte le nom de votre capitale, comment ne pas évoquer le projet culturel et patrimonial qui est le nôtre au jardin botanique, en partenariat avec la Direction des affaires culturelles de Martinique.

- D’autres coopérations pourraient retenir l’attention, dans le domaine de l’agriculture ou de l’énergie, avec un lien avec le changement climatique, par exemple

Surtout, M. le Premier Ministre, je voudrais vous dire combien, pour ma part, je me suis réjouis que vous ayez pu rencontrer notre Président de la République M. François Hollande, le 9 mai dernier. J’ai vivement souhaité et obtenu cette rencontre bilatérale, la première depuis fort longtemps à ce niveau (la dernière remonte à une rencontre entre M. Laurent Fabius, alors Premier Ministre et M. John Compton, en 1988, si j’ai bonne mémoire).

C’était, avec le Premier Ministre de la Dominique, la seule rencontre de tout ce Sommet qui ait été retenue. Elle m’a paru nécessaire et réussie, à l’image des liens historiques forts et privilégiés qui unissent nos deux pays.

Je souhaite de tout cœur, M. le Premier Ministre, que toute cette belle construction et cette nouvelle impulsion donnée d’un commun accord à nos relations ces derniers temps puissent se poursuivre et même s’amplifier. Nos deux pays doivent tout mettre en œuvre pour qu’il en soit ainsi.

4/ Un mot pour nos compatriotes

Un mot avant de terminer en direction de mes compatriotes. Tout d’abord merci à vous d’être encore venus cette année si nombreux. Comme je vous le disais l’an dernier, j’aimerais vous rencontrer davantage pour échanger avec vous sur vos activités ici à Sainte Lucie, car votre connaissance du contexte économique est précieux. N’hésitez pas à vous manifester à ce sujet, je me rendrai toujours disponible pour vous. Je souhaite aussi organiser des réceptions à dominante économique, comme je l’ai fait en décembre dernier ici. Je prendrai contact avec ceux d’entre vous qui seront intéressés par celles-ci.

5/ Remerciements aux sponsors

Je tiens enfin à transmettre mes sincères remerciements à toutes les entreprises qui, par leur savoir-faire, ont permis la réalisation de notre soirée. Merci très sincèrement à vous, pour vos contributions gracieuses comme pour le travail que vous avez accompli. Vous savez que sans votre aide nous ne serions pas parvenus à un tel résultat. Je citerai rapidement chacune de ces entreprises dont vous avez pu voir le logo à l’entrée de la résidence :

- RUBIS
- SCOTIA BANK
- FIRST CARIBBEAN BANK
- CARIBBEAN GRAINS
- AIR CARAIBES
- ADMAC
- CARIQUISINE
- BONNE BAGUETTE
- JACQUES WATERFRONT DINING
- BAYWALK SHOPPING MALL
- RHUM TROIS RIVIERES
- RESORT JADE MOUNTAIN
- ESMERALD ESTATE CHOCOLATE
- TRANSPORT EXPRESS CARAIBES – CAPO ROSSO
- RITUAL SUSHI

6/ Remerciements aux personnels de l’Ambassade

Je souhaite enfin remercier très chaleureusement ceux qui, sous la conduite de mon épouse, ont contribué durant plusieurs semaines à la préparation de cette fête :

-  les collègues de l’ambassade, chacun à son niveau
-  les personnels de la résidence et les extras.

Avant d’achever ces propos, un mot un peu privé concernant la vie de notre ambassade qui va être renouvelée avec le départ iminant de plusieurs collègues : Nadine Maran, Jean-Luc Mure, Hippolyte Tessonneau, Davy Ryfer, + stagiaire Lucas.
Un mot aussi pour saluer l’arrivée, la semaine dernière, du nouveau Premier Conseiller, M. Philippe Seigneurin, qui a remplacé Gérard Billet.

Dernière modification : 17/07/2015

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